
Du 21 au 27 novembre, au Cinéma des 3 Luxembourg à Paris, s'est tenue la manifestation "Proche-Orient : que peut le cinéma?". Une manifestation cinématographique dont le but est de sensibiliser les spectateurs aux déchirements que vit cette région, sous le signe de la citation de Francis Scott Fitzgerald :"On devrait pouvoir comprendre que les choses sont sans espoir et cependant être décidé à les changer... ".
Pour sa troisième édition, le festival a élargi ses horizons et a fait appel, aux côtés des cinéastes palestiniens et libanais, aux réalisateurs irakiens. Egaux face à la guerre, leurs visions tout comme leurs approches de la réalité de leurs pays sont différentes. Une richesse qui éclaire mieux les spectateurs, rarement confrontés au regard d'un "autochtone" -et d'un artiste de surcroît- sur la situation.
Si la quasi-totalité des films proposés étaient des documentaires, les deux uniques long-métrages de fiction au programme n'en furent pas moins accueillis comme tels. En effet, émouvants par leur profondeur, saisissants par leur réalisme, ils reflétaient de manière captivante le calvaire des peuples de la région. Les cinéphiles présents avouèrent avoir beaucoup de mal à tracer les frontières entre fiction et réalité.
Chaque soirée a été suivie d'un débat assez constructif. On ne poussera pas l'optimisme jusqu'à dire qu'il a réussi à changer les mentalités -d'autant plus que la quasi-totalité des personnes présentes était déjà acquise à la cause. Mais le jeu des questions-réponses a au moins permis aux réalisateurs de justifier leurs positions ou d'éclairer les spectateurs sur les choix faits lors du tournage (ainsi que sur ses circonstances).
On déplorera néanmoins l’étroitesse de la salle (130 places). Bon nombre de spectateurs ont été déçus de ne pas pouvoir assister aux deux soirées-événements de cette édition : l’ouverture avec « Le mur de fer » de Mohamed Alatar, suivi d’un débat en présence de Mme Leïla Chahid ( déléguée palestinienne auprès de l’Union Européenne et ancienne représentante de l’OLP en France); et la première mondiale du film de Samir Abdallah (Liban) « Après la guerre, c’est toujours la guerre ».
A noter que le film d’Anouar Brahem «Mots d'après-guerre», dont la première eut lieu à Beyrouth l’été dernier, a été diffusé le lundi 26 novembre. Il a été précédé par un moyen-métrage de Nadine Naous (libano-palestinienne) intitulé « Chacun sa Palestine » qui sera diffusé à Tunis au mois d’avril prochain, dans le cadre du festival « Docs à Tunis ». Une première réalisation qui vaut le détour.
Plus d’infos sur le site :
Ci-jointes quelques vidéos que j’ai pu filmer, assorties de quelques commentaires et dont vous excuserez la qualité artisanale.
Le réalisateur palestinien Abdessalam Chehada présentant son film qui retrace la vie d'une famille séparée par le mur de Gaza et qui se retrouve après la retraite israélienne de la Bande de Gaza (2005) pour une vie dans une prison à ciel ouvert. Ci-dessous, après la diffusion du film, réaction à quelque provocation, où il ne nie pas la part de responsabilité des palestiniens et des autres pays arabes dans ce qui se passe depuis des années mais affirme que la colonisation reste l'origine du mal, que c'est elle qui a changé les palestiniens en les plongeant dans le cercle inabouti de la violence et que la Communauté Internationale ne devrait pas continuer à faire la sourde oreille, détournant les yeux de ce qui se passe sur le terrain.
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